Il convient de relever que depuis 2012, le secteur de l'élevage est en plein émergence. Les régions jusque là sans infrastructures d'élevage sont investies par des programmes de grandes envergures qui se rapporte à la mise en place de nouvelles chaines de valeurs compétitives et productives. Au Sénégal, l’élevage est incontournable pour assurer la sécurité alimentaire des populations et soutenir la croissance économique. En effet, conformément à la théorie macroéconomique des effets, l’intégration de l’élevage aux autres maillons de l’économie et ses effets d’entrainement sur les autres activités (transport, commerce, artisanat, agriculture,...) lui confère un rôle stratégique et en font un levier important pour l’accroissement économique (PSE., 2015).
Par ailleurs, Le sous-secteur de l’élevage représente à lui seul 28,8% du PIB du secteur primaire, contribue à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et assure les moyens d’existence de 30 % des ménages en milieu rural. Il présente un potentiel important en termes de création de richesses avec une contribution au PIB de 4,2 % en 2012 contre 4,4% en 2011 (ANSD., 2014). Des marges de croissance importante existent pour l’aviculture en croissance depuis l’interdiction d’importation de produits avicoles. L’élevage constitue de ce fait un secteur prioritaire de souveraineté nationale.
L’ensemble des interventions dans ce secteur qui sont planifiées dans le cadre de la vision du chef de l’état pour l’émergence du Sénégal à l’horizon 2035 portée par le PSE vont relancer et structurer de manière significative notre économie. Il s’agit de lever les contraintes qui entravent le secteur primaire et qui se rapportent au caractère extensif de l’activité qui utilise des races très peu productives dans des infrastructures pastorales précaires et à l’absence de chaines de valeurs compétitives modernes de transformation et de commercialisation des produits de l’élevage (PAP. 2014-2018).
Les régions qui présentent des atouts écogéographiques (biomasse et eaux abondantes, microclimat doux, zone géostratégique avec les perspectives des échanges internationaux renforcés avec le dragage, du fleuve Sénégal et la mise en normes des deux aéroports) va contribuer à l’atteinte de ces objectifs. l'union des jeunes docteurs vétérinaires est une association dont les contributions peuvent renforcer la politique sectorielle:
- l’amélioration de la productivité et de la compétitivité des filières animales par le génie génétique, la santé animale, l’agrobusiness intégré à la modernisation des systèmes d’élevage et de productions animales ;
-le renforcement des infrastructures pastoraux, de transformation, de conservation et de commercialisation de la
production animale avec une meilleure intégration dans la filière industrielle familiale;
- la mise en oeuvre de mécanisme de financements innovants pour le secteur ;l’amélioration de l’écohabitat animale intégré à des pôles d’élevage à haut rendement économique ;

Toutefois, la contribution réelle au PIB du secteur de l'élevage est sous évaluée. Par exemple, pour la tabaski 2015, le marché de Dakar a représenté à lui seul 33,70 % du marché national avec un niveau d’importation national réel de mouton évalué à 55,37 %.
L’analyse de la situation selon la théorie macroéconomique des effets, pour une fourchette des prix du mouton variant entre 50 000 et 65 000 F CFA, le secteur de l’élevage a généré directement un chiffre d’affaire pour l’opération tabaski variant entre 32 235 400 000 et 41 906 020 000 F CFA pour un effectif global de 644708 moutons consommés lors de la tabaski 2015, ce qui représente 98,41% des entrées (les invendus retranchés). Le volume financier direct des importations pour le même dénominateur est compris entre à 17 848 750 000 et 23 203 375 000 F CFA contre un approvisionnement intérieur financier compris entre 14 386 650 000 et 18 702 645 000 F CFA. A cela il faut associer une analyse des emplois et les devises crées par effet d’entrainement (chiffres d’affaire généré par le transport extérieur et intérieur d’animaux, le petit commerce et les activités diverses liées aux productions animales lors de cette fête). A titre d’exemple, le commerce de 80 % des peaux produites lors de cette opération tabaski est évalué à 257 883 200 F CFA. Vue la très forte contribution du secteur de l’élevage à l’économie nationale. Il est impératif que des investissements colossaux soient consentis au secteur de l’élevage afin d’accroitre notre économie. A cela il faut associer l’impact social positif de l’autosuffisance en moutons pour la tabaski.

Le recrutement des 40 docteurs vétérinaires en 2015 va permettre de creer un renouveau dans la gouvernance du secteur primaire et faciliter la relance du secteur.

Dr. Evariste J.C.T BASSENE